Dans ma cave, esseulée, J’attends juste d’aller mieux,
Au pied de l’escalier, Qui me protège d’eux.
Il fait bien sombre ici, Et soleil tout là haut,
Mais enfant j’ai appris, A m’écarter du faux.
Quelques marches, sept ou huit, Me séparent du monde.
Plutôt choisir la fuite, Que de danser leur ronde.
Tout en haut la lumière , M’attire et me fait peur,
Assise sur mon derrière, Je reste, j’attends mon heure.
Peu importent leurs cris, Leurs rires et leurs attentes,
Je préfère ma nuit, Silencieuse, envoûtante.
Au bas des marches assise, Le temps passe, je m’oublie,
Solitaire, incomprise, Dans mes rêves je m’enfuis.
La porte s’ouvre tout à coup, Et je me vois là haut,
Dévissant cet écrou, Puis m’appeler, pronto.
Je me vois qui sourit, Comme l’enfant que j’étais,
Mais l’enfant que je suis, N’a plus aucun projet.
Je te sais bienveillante, Avoir cet art inouï,
De rester accueillante, À tout ce que je suis.
Mais me voilà inquiète, Lorsqu’enfin tu descends,
Pour me jouer une scènette Et me dire qu’il est temps.
Tu me prends par la main, Me promet l’allégresse,
Et me dis, à dessein, Que même si rien ne presse.
Le temps lourd des chagrins, Doit prendre fin dès ce soir,
Et me sortir enfin, De ce profond trou noir.
Dans ma cave assombrie, Là, je me sens déprise.
Sur les marches je te suis, Étonnée et surprise.
Ensemble, sans détour, Nous montons l’escalier,
Face au monde, au grand jour, serons nous enfin liées ?
Mais la lumière est crue, Et le bruit oppressant
Je me sens vite perdue, Malgré ton air charmant
Le moindre détail me blesse, Et me renvoie en bas
Tout devient maladresse, Et je replonge en moi.
Alors je ferme la porte, Et attend que tout passe
J’aimerais qu’on m’emporte, ou même qu’on m’efface,
Je sais être lumineuse, Et rire bien plus que d’autres,
Parfois même audacieuse, j’emmène tous les autres,
Mais ma crainte reste grande, bien que non avouable,
Ce n’est pas une légende, je reste vulnérable.
Alors je t’offre ces mots, Composés dans ma nuit
Au lieu de prendre repos, pour te dire, d’où je suis,
Qu’il faut te pardonner, car je te connais bien
Tu sauras rebondir, aujourd’hui ou demain
Pour faire de nos tourments, une ribambelle de rires
Afin que revienne le temps, de rêver notre avenir.
